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Des plongeurs volontaires pour la conservation marine

Initiative : Coral Cay Conservation

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Pour la mise en place de projets de conservation environnementale et de développement communautaire à travers un programme touristique, Coral Cay Conservation (CCC) est une des seules organisations non gouvernementales internationales avec le WWF à s’être implantée durablement aux Philippines. Nous attendions donc beaucoup de cette rencontre avec un des responsables du centre du CCC, situé sur l’île de Panaon au Sud de Leyte. Au final, de très bons projets en matière de protection marine et d’implication des touristes pour cette cause mais certains manquements à nos yeux pour avoir un réel impact sur la population et l’environnement.

La baie de Sosog à l’approche du crépuscule

Coral Cay Conservation est présente aux Philippines depuis 1995 en partenariat avec la Philippine Reef and Rainforest Conservation Foundation Inc (PRRCFI) et les communautés locales pour réaliser des recherches scientifiques et des mesures de protection de la vie marine et des forêts. Depuis 2002, à l’invitation du gouvernement provincial du Sud de Leyte, cette ONG s’est focalisée sur la protection de la vie marine de la baie de Sogod, considéré comme un des 10 meilleurs sites de plongée des Philippines. Ses programmes se développent en deux points principaux : identifier et créer des zones marines protégées en collectant et évaluant des informations qualitatives et quantitatives sur les ressources marines de la Baie de Sogod ; réaliser des activités d’éducation de la population locale à la conservation de l’environnement et aux enjeux liés à la biodiversité marine. Ces actions sont financées en proposant des volontariats payants de plongée de 2 semaines minimum (4 semaines en général) à des étrangers surtout mais également aux acteurs clés pouvant jouer un rôle sur la conservation en milieu marin aux Philippines.

Rappel de la raison d’être de Coral Cay Conservation

Concrètement les volontaires bénéficient de formation à la plongée et à l’étude de la biodiversité marine en plongeant deux fois par jour, 6 jours sur 7, pour réaliser des inventaires de la faune et de la flore marine. En parallèle, le CCC, à l’initiative des gouvernements locaux (Barangays), conseillent et aident à la mise en place des zones marines protégées (Marine Protected Area – MPA) qui nécessitent une évaluation de la biodiversité marine. Afin de développer les compétences locales des personnes pouvant avoir une influence sur les MPA, ces mêmes formations leur sont accordées en fonction de leurs  disponibilités et des besoins. Ces acteurs sont essentiellement les capitaines de barangays, les responsables de la pêche et de l’environnement des institutions gouvernementales, et des membres d’ONG.

Session d’apprentissage à l’identification d’espèces marines

Enfin, CCC a pour mission de créer une réelle prise de conscience environnementale et de participer au développement des communautés. Pour cela, sur demande, des séminaires et formations sont organisés dans les universités alentours et au sein des barangays, et des journées d’éducation sont mises en place pour les écoles et lycées au travers de présentations et de jeux pour comprendre l’importance des coraux, de la biodiversité marine et de sa protection.

Mur de présentation des espèces de la Sogod Bay

Mais, à nos yeux, une vision globale des enjeux liés à la conservation marine fait quelque peu défaut au sein de cette initiative: tout d’abord, même si CCC est bien connue dans la région, les programmes éducatifs ne sont mis en place qu’à la suite de demandes formelles de la part des acteurs locaux, faisant preuve d’un certain manque de pro-activité alors que la conscience environnementale n’est pas ce qu’on fait de mieux aux Philippines. Ensuite, cette ONG a un rôle de conseiller et de formation pour les institutions gouvernementales. Mais la gestion et le contrôle des lois créées dans les zones marines protégées sont du ressort des gouvernements locaux qui manquent généralement de ressources financières, humaines et matérielles, diminuant l’impact du travail de CCC. Un meilleur suivi, des programmes d’aide au financement, de développement de compétences plus générales, de gestion des déchets (en plus des nettoyages de plages déjà réguliers) ou de développement d’activités économiques liées aux ressources marines pourraient être mis en place. Ceux-ci ne relèvent pas de la mission première de Coral Cay Conservation mais viendraient l’appuyer grandement. Surtout, cela permettrait aux communautés locales d’être aptes à prendre en main le travail que réalise l’ONG sur le long terme, but premier d’un projet de développement communautaire.

Salle de cours et d’expérience

Enfin, même si CCC a une manière unique de financer leurs programmes de conservation par le paiement des stages de volontariat, seuls les 5 membres de l’équipe de l’ONG présents sur place sont habilités à réaliser les programmes éducatifs, alors qu’ils semblent s’occuper continuellement des volontaires. C’est un peu dommage que ces ‘‘ressources humaines’’, leurs talents et passion ne soient pas utilisés pour réaliser plus d’activités avec les populations ou bien des activités de plus grande ampleur. Mais les volontaires paient relativement cher leur séjour et vont donc privilégier les plongées à d’autres activités. Finalement, du fait de leur rotation permanente, l’étude de la biodiversité marine semble avoir moins d’impact qu’un travail de fond entrepris par quelques personnes sur le long terme.

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