Tag Archive | tourisme communautaire

Mangroves, développement économique, et tourisme communautaire aux Philippines

Lorsque j’ai vu le que thème du concours de blogueurs pour la Journée Internationale du Tourisme était “tourisme et développement communautaire”, j’ai tout de suite pensé au projet de l’association « Kalibo Saves the Mangroves Association » (KASAMA), que j’ai eu la chance de visiter aux Philippines il y a 2 ans, et avec qui je suis toujours en contact. L’action de cette ONG m’a énormément inspirée et est l’un des plus beaux exemples de ce que le tourisme peut faire pour le développement économique et la préservation de l’environnement.

Au départ, il y a un homme, Allen S. Quimpo, qui, en 1989, décida de planter des mangroves pour sauver le littoral, et créa la « Kalibo Save the Mangroves Association » (KASAMA) avec des habitants de la communauté. Depuis, l’unique devise de KASAMA est « planter, planter, planter ». Aujourd’hui, c’est une véritable forêt de mangroves qui a vu le jour, sur plus de 200 hectares. Cette forêt a de très nombreux avantages.

Evolution de mangroves (en haut à gauche: en 1989; en bas à droite: maintenant)

Evolution de mangroves (en haut à gauche: en 1989; en bas à droite: maintenant)

Elle permet d’éviter l’érosion des sols et minimise l’impact des typhons, constituant une barrière naturelle sur le littoral. La biodiversité de la zone a considérablement augmenté, avec notamment de nombreuses espèces d’oiseaux qui sont apparues, ainsi que des papillons, des serpents, et tout un écosystème marin.

Une forêt, c’est un projet de long terme, cela nécessite de l’entretien et une protection. L’association KASAMA a transformé ce projet en une action communautaire pour améliorer la vie des habitants tout en s’assurant que la forêt ne soit pas dégradée. Ainsi, les habitants viennent librement pêcher des crabes, des poissons et des coquillages, que les mangroves abritent. De plus, depuis quelques années, la confection de briquettes a été mise en place, générant un « charbon vert » à partir des branches des arbres élagués. Cela crée  des emplois et les habitants ont ainsi accès à une énergie moins chère que le gaz.

Comment ce projet est-il financièrement durable ? Comment continuer à planter des mangroves ? C’est là que les touristes entrent en jeu.

Chemin en bambou pour les touristes

Chemin en bambou pour les touristes

Les touristes sont invités à se promener dans la forêt sur un long chemin en bambou créé par des membres de la communauté, accompagnés d’un guide local qui leur expliquera l’histoire du lieu, la biodiversité, et leur fera déguster le tamilok, ver qui pousse dans les mangroves. Les recettes des entrées au parc reviennent à l’entretien des lieux, au paiement des salaires des guides et des gardes, et à la plantation de nouvelles mangroves par les communautés.

En tant que touriste, j’ai énormément appris lors de cette visite, c’est la première fois que je voyais une si grande et si belle forêt qui soit entièrement l’œuvre d’êtres humains. Je suis par la suite devenue une ambassadrice des mangroves, vantant leurs vertus partout où j’allais. Pour moi, le tourisme durable, c’est celui-là. C’est un tourisme fait d’échanges, d’apprentissage, où l’on s’émerveille, tout en soutenant les actions et les projets de la communauté locale.

 

 

Publicités

Comment développer et promouvoir une région encore peu parcourue

English Version here

Après avoir interviewé des chargés de tourisme de différentes municipalités aux Philippines telles que Pandan  (Antique, Panay), Basey (Sohoton), Sagay (Negros), Donsol (Sorsogon), Oslob (Sorsogon) ; après avoir rencontré la responsable développement-produits de la province de Bohol, et avant d’avoir une vision nationale du travail du Département du Tourisme (DOT) Philippin, il nous paraissait important de d’étudier un DOT régional, donc couvrant plusieurs provinces. Nous avons choisi les Eastern Visayas (Visayas de l’Est), la Region VIII, incluant Samar, Leyte et Biliran. En effet, cette région est la moins touristique des Philippines, très pauvre, aux quelques problèmes politiques et en manque flagrant d’un réseau de transport efficace, comme vous avez pu le lire dans nos précédents articles. Nous avons donc cherché à comprendre comment le DOT faisait face aux enjeux regionaux , quelles sont les opportunités et comment promouvoir cette région riche en ressources naturelles et culturelles, pourtant peu fréquentée.

Sortie des classes

Ms Tiopes, directrice du DOT Région VIII depuis 2005, nous a fait preuve d’une grande passion et énergie pour sa région. Du département de l’Industrie, au gouvernement provincial en passant par l’Agence gouvernementale de l’Information, elle est une experte en matière d’administrations philippines.

En bref, la mission du DOT régional est «d’encourager, de promouvoir et de développer le tourisme comme activite socio-économique majeur permettant de générer des liquidités de monnaie étrangère, de l’emploi, et de faire profiter le secteurs privé et public des bénéfices du tourisme». En pratique, le DOT assiste les différents acteurs du tourisme : les offices provinciales et municipale de tourisme, les communautes locales et les entrepreneurs que sont investisseurs privés, publics ou ONGs. Ce soutien à l’activité économique passe par un conseil en business plans, par le développement de produits touristiques en collaboration avec les acteurs concernés offrant des expériences uniques plus que des activités non reliées ensemble, des formations (on en a beaucoup parlé dans nos différents articles précédents), par l’autorité de fournir les accréditations obligatoires aux hôteliers, tours opérateurs, organisateurs de séminaires et aux opérateurs de transports.

Sohoton Natural Bridge

Mais surtout, le DOT régional a un role majeur de « promotion, communication, marketing » dans une région peu parcourue comme les Eastern Visayas : pour cela, il aide à réaliser les brochures et autres supports de communication pour les différentes destinations et produits touristiques, aide à la conception de circuits/packages, organise des salons du tourisme, participe à ceux nationaux, et aide a la communication tri-media : papier, radio, TV. Le but est donc d’améliorer l’image des Eastern Visayas, subissant le contrecoup des activités passées très médiatisées du NPA (parti communiste armé), et de créer une marque Eastern Visayas, terre première de nature et d’aventures aux Philippines offrant des activités différentes par rapport aux autres regions.

Liloan, Leyte

Par rapport au contexte actuel, quelle est la vision des Eastern Visayas ? Où  est ce que le DOT veut amener sa région en matière du tourisme dans les années à venir ? Suite au National Tourism Plan écrit en 2011, le DOT vient de finir de réaliser son plan de tourisme sectoriel 2012-2016. Sans vous inonder de chiffres, en 2011, environ 16 000 touristes étrangers et 191 000 Philippins ont visité les Eastern Visayas pour une durée moyenne de 2 jours et une nuit, ce qui est peu pour une si vaste région (Samar est la troisième plus grosse ile des Philipines). En 2016, le DOT espère avoir plus de 38 000 visiteurs étrangers et 485 000 Phililippins restant en moyenne 4 jours et 3 nuits. Pour atteindre ces performances, le DOT veut positionner sa région en tant que destination alternative aux Central Visyas et à Bicol (Sud de Luzon), en se focalisant sur ses merveilles naturelles. Le tourisme étant un réel business, il ne faut pas avoir peur de parler de concepts business et marketing. Si on identifie le type de produits touristiques actuels  et on pense au type de clients présents et potentiels des Eastern Visayas, cette région va sans doute focaliser ses activités promotionnelles sur des touristes aventureux. Un point intéressant, une opportunité a saisir avec ce type de profils clients, est leur attrait pour les medias sociaux :  dans l’air du social media, ces visiteurs aventureux utilisent beaucoup les blogs, facebook, twitter pour partager leurs experiences. Cela permet d’obtenir leur opinions ainsi que des details très précis et pratiques vis a vis des prix, des moyens de transport et des différents produits offerts, informations qu’on trouve très difficilement sans eux. Aussi, cela permet de donner envie aux autres de venir dans les Eastern Visayas.

Ulot Torpedo Boat, bien repris par les bloggeurs

Depuis peu, des expériences touristiques d’aventure ont vu le jour et bénéficient d’un beau succès Agas Agas zipline (la tyrolienne la plus longue des Philippines passant au dessus du pont le plus haut des Philippines, le pont Agas Agas), Sohoton Cave, Torpedo boat. Les autres destinations sur lesquelles le DOT peut compter sont la spéléologie pour débutants ou professionnels à Samar  (Calbiga et ces innombrables autres encore très peu explorees), les myriades de chutes d’eaux, les très belles plages que peut offrir Leyte, le tourisme culturel autour de l’histoire de la seconde guerre mondiale ayant accueilli les bases américaines militaires luttant contre le Japon. Kennedy a d’ailleurs été officier dans la plus grosse base américaine du Pacifique, située dans la région VIII, avant de devenir President des Etats Unis.

Ainsi, le DOT est venu confirmer nos observations par rapport aux atouts, faiblesses et opportunites de Samar et Leyte. Avec la motivation de sa directrice Ms Tiopes, de son équipe en général, et d’un meilleur soutien de la part du gouvernement national, sans compter l’attrait pour le tourisme communautaire que les municipalités, les communautés locales et le DOT régional cherchent de plus en plus à mettre en valeur, les Eastern Visayas pourraient bien être le nouvel eldorado de l’écotourisme aux Philippines d’ici peu. On le souhaite de tout cœur.

L’expérience unique de Donsol d’intéraction avec les requin-baleines

Initiative: Intéraction avec les requin-baleines de Donsol

English version here

Après l’article de Violaine couvrant la polémique sur l’alimentation des requins baleines à Oslob et ses conséquences écologiques, sociales et économiques, nous sommes retournés au berceau de l’expérience écotouristique exceptionnelle d’interaction avec ces ‘‘géants au cœur tendre’’. A l’inverse d’Oslob, Donsol a été à l’avant-garde d’une planification touristique respectant l’écosystème grâce à des partenariats multisectoriels forts.

Photo par harrywoolner.files.wordpress.com

La petite municipalité de Donsol sortit de sa torpeur quand, en 1998, un groupe de plongeurs menés par Romir Aglugub filma et publia en ligne leur rencontre avec ce monstre paisible, craint depuis toujours par les pêcheurs locaux. Depuis, le nombre de touristes a augmenté de manière exponentielle faisant de Donsol la capitale mondiale des requins baleines. De 867 visiteurs en 2002, 25 174 personnes ont visité Donsol en 2011. Contrairement à Oslob où l’activité touristique n’a pas été du tout préparée et manque cruellement d’une organisation efficace, l’interaction avec les requins baleines de Donsol a bénéficié de l’expertise du WWF depuis 1998 en matière de conservation de l’environnement et de mise en place d’un tourisme communautaire favorisant le développement économique et social des communautés locales tout en contrôlant de manière stricte les impacts sur ces requins baleines.

Règles à respecter

Alors que l’avenir de ces animaux à Oslob inquiète les environnementalistes du fait de la modification de leur comportement et de leur écosystème, un enjeu majeur de l’écotourisme est de préserver, conserver les ressources naturelles (géologiques, animales, végétales) afin que celles-ci restent plus ou moins intactes et puissent continuer à être valorisées sur le long-terme. S’il n’y a plus de requin baleine, il n’y a plus de touriste, donc plus de revenus.

Ainsi, ce qui rend unique l’expérience de Donsol et de son tourisme communautaire est la préparation de la population locale et les règles strictes d’interaction au sein d’une organisation tripartite. Depuis le début de ce projet, cette collaboration a été gérée de la manière suivante: le WWF est chargé des questions de conservation et de recherche sur l’écosystème des requins-baleines, la municipalité du contrôle et de la gestion des activités touristiques, et le DOT des formations et de la promotion de la destination.

Lieu d’accueil des visiteurs

Concernant la préparation de la communauté, des Butanding Interaction Officers (BIO ; Butanding = requin-baleine en tagalog)  ont été formés parmi les pêcheurs par le DOT. Ils sont les guides touristiques assistant les touristes alors que ceux-ci nagent avec ces énormes bêtes, passant de manière nonchalante quelques mètres plus bas. Les guides touristiques, les membres d’équipage, les capitaines de bateaux ainsi que les vigies chargés du repérage des requin-baleines ont pu suivre des formations en matière d’approche et d’interaction avec les animaux, de premiers secours et de service client. Au sujet des règles strictes d’interaction avec les animaux, le WWF a appliqué les recommandations d’experts australiens ayant publié sur le sujet : un bateau limité à 6 personnes maximum par requin-baleine, interdiction de les toucher, d’entraver leur route ou de plonger auprès d’eux. Aussi, la capacité d’accueil a été limitée à 30 bateaux par jour avec 10 minutes de nage par animal.

David David; l’environnementaliste du WWF qu’on a rencontré

L’observation des requins-baleines est un bel exemple d’écotourisme communautaire. Mais voilà, du fait de son succès, certains enjeux apparaissent : avec l’afflux massif de visiteurs et des apparitions animales moins fréquentes qu’auparavant (cela serait dû à une hausse de la température de l’eau ; plus d’infos en lisant cet article en anglais du WWF), les règles sont de moins en moins respectées face aux attentes pressantes de pouvoir nager auprès de l’inoffensif plus gros poisson au monde. En 1998, 28 pêcheurs ont été formés pour devenir guides. Aujourd’hui ils sont 41. La formation et l’emploi de nouveaux de guides sont sujets à l’accord de l’association des Butanding Interaction Officers qui bien entendu veulent limiter le nombre de guides. Alors que cette activité est devenue un commerce très juteux, l’opportunité de faire bénéficier de la manne financière à un plus grand nombre d’habitants serait dans l’ordre des choses considérant le concept de tourisme communautaire. Un autre enjeu dont nous avons peu parlé auparavant: l’emploi peu durable des revenus par les capitaines de bateau, les guides et membres d’équipage qui préfèrent dépenser dans les combats de coqs (un des ‘‘sports’’ national aux Philippines) ou la boisson plutôt que d’épargner pour leur avenir ou celui de leurs enfants. Un gros effort d’éducation de ces anciens pêcheurs reste donc à fournir de la part des associations et du gouvernement local, en plus de la possibilité d’accès à des services financiers adaptés à leurs besoins : produits d’épargne, micro-crédits…

Même si certains dispositifs sont mis en place comme la collecte de 50 pesos par groupe de touristes (inclus dans les 600 pesos payés  aux BIOs) pour la sécurité sociale et pour alimenter un compte en banque de l’association des guides, la municipalité fait preuve d’une certaine mauvaise foi. La chargé de tourisme de Donsol n’a pas voulu admettre ces enjeux d’utilisation de revenus par ces anciens pêcheurs. Sans compter, qu’encore une fois, la taxe prélevée par la municipalité  manque cruellement de transparence. Elle va tout droit vers ses fonds généraux et non vers le développement des communautés concernées ou de la conservation de l’écosystème, pourtant à l’origine de cette manne qui fit connaître Donsol mondialement.

L’homme qui plantait des arbres.

NEW! English version here

Initiative: KASAMA- Kalibo

On nous parle souvent de déforestation, parfois de reforestation, mais aujourd’hui nous vous présentons un concept nouveau : la « forestation ».

En 1989, Allen, alors maire de la ville, voulait transformer les terrains boueux du bord de mer en un projet qui empêche les constructions et qui génère du revenu pour la communauté. C’est alors qu’il décida de planter des mangroves et créa la « Kalibo Save the Mangroves Association » (KASAMA). Depuis, son unique devise est « planter, planter, planter ». Bénéficiant d’un bon réseau auprès du gouvernement grâce à ses hautes études et une famille de politiciens depuis plusieurs générations, il parvient à obtenir le soutien de diverses agences gouvernementales philippines et internationales afin de planter ce qui est aujourd’hui devenu une forêt. Le résultat est très impressionnant : des 250 000 mangroves plantées en 1990, 98% ont survécu et la plantation n’a jamais cessé au cours des années, la forêt couvrant aujourd’hui  environ 200 hectares pour 1,6 million de mangroves de 19 espèces différentes. Mais, nous direz-vous, à quoi cela sert-il ?

De haut en bas, gauche à droite: la mangrove en 1989 à sa plantation, 1 an après, 2 ans après et aujourd’hui.

Tout d’abord, les mangroves permettent d’éviter l’érosion des sols et de minimiser l’impact des typhons et tsunami, constituant une barrière naturelle sur le littoral. Ensuite, c’est un réservoir d’oxygène et de capture de CO2, comme n’importe quelle forêt. Par ailleurs, la biodiversité de la zone a considérablement augmenté, avec notamment de nombreuses espèces d’oiseaux qui ont élu domicile ici, ainsi que des papillons, des serpents… Mais ce qui tient le plus à cœur à Allen, c’est les bénéfices qu’apporte cette forêt à la communauté. Elle permet de générer des revenus grâce à la pêche de crabes, de poissons et de coquillages, que les habitants peuvent venir pêcher gratuitement. De plus, depuis quelques années, la confection de briquettes a été mise en place, générant un « charbon vert » à partir des branches des arbres élagués. Cela crée  des emplois (une vingtaine actuellement) et les habitants ont ainsi accès à une énergie moins chère que le gaz.

Le « bamboo walk »

Pour finir avec ce qui nous intéresse dans notre étude, ce havre de paix permet aux touristes de s’échapper de la ville et de prendre un grand bol d’air frais. Allen a tout de suite souhaité que KASAMA se défasse de toute image politique qu’il pouvait lui amener, et a confié le projet à l’ONG USWAG Development Foundation qui travaille avec la communauté. Les 20 pesos de frais d’entrée qui sont demandés aux visiteurs vont à la construction et à la maintenance du « bamboo walk », une passerelle en bambou de 1 kilomètre qui permet de visiter une partie de la forêt. Le gouvernement continue à financer la plantation d’arbres ainsi que des entreprises et particuliers. A chaque fois, ce sont des habitants des villages aux alentours qui sont employés pour planter. KASAMA recrute aussi des guides, gardes et autres professions qui permettent la conservation du lieu et le bon déroulé des visites des quelques 40 000 touristes chaque année.

Le projet a déjà reçu de nombreuses récompenses (dont une des Nations Unies en 2005) et accueille des environnementalistes et chercheurs du monde entier, curieux de découvrir cette forêt créée de toute pièce par les habitants et sa biodiversité grimpante.

Les longues racines des mangroves

 Allen ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les mangroves permettent de faire émerger de nouvelles terres (car les racines évitent l’érosion du sol) et aujourd’hui il y a 2 kilomètres de terre de plus qu’en 1989. Par ailleurs, Allen préside l’association de management communautaire des forêts de mangroves de sa région, qui compte plus de 158 forêts, et KASAMA sert de modèle. Initialement maire de la ville, puis député pendant 9 ans et actuellement président d’école, Allen nous a prouvé que l’on peut mettre son pouvoir au service de belles initiatives et que si les ressources naturelles manquent, alors pourquoi ne pas les créer ?