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Philippines Autrement pour une authentique rencontre des populations locales

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Initiative : Philippines Autrement

Depuis le début de notre aventure, on entend beaucoup le terme « d’authenticité » revenir. Des différents acteurs du tourisme, de la bouche des touristes que l’on rencontre,  et de la notre également. Ne nous voilons pas la face, nous recherchons tous une dose d’authenticité dans nos voyages. Mais que cherchons-nous d’authentique, qu’est qu’un tourisme authentique ? Nous avons trouvé quelques réponses en rencontrant Rodolphe et Bruno, fondateurs de Philippines Autrement, tour opérateur local spécialisé dans le voyage sur-mesure aux Philippines et membre du réseau Un Monde Autrement.

Rodolphe Lina et Bruno Alegoet

Rodolphe et Bruno connaissent plutôt bien les Philippines puisqu’ils y habitent depuis plus de 10 ans. Rodolphe travaillait auparavant dans une société de transport puis d’export de produits locaux. Bruno a depuis toujours baigné dans le tourisme en tant que moniteur de plongée et organisateur de séjours de plongée en Asie et en Afrique avant de se poser aux Philippines il y a une dizaine d’années. Ces deux passionnés de voyage et d’aventure créent alors en 2010 une petite agence de voyage appelée Agila Eco Islands qui peine au niveau promotionnel. Ils réussissent à obtenir la franchise « Un Monde Autrement » et profitent ainsi de leur réseau et de leur expertise marketing.

Chemin de bamboo dans Bakhawan Ecopark, Kalibo

Leur crédo : le voyage en dehors des sentiers battus en petits groupes (2 à 8 personnes), une alternative au tourisme de masse qui tend à dénaturer les lieux d’accueil et à modifier inexorablement les comportements des populations locales. Trainer ses savates en dehors des sentiers battus, c’est justement une chance de partir à la découverte de cette authenticité. Trainer ses savates est peut être un terme un peu trop fort puisqu’aller à la rencontre des populations locales ne veut pas dire dormir dans des huttes ou des hôtels miteux ou bien manger à même le sol dans la jungle. Il est tout à fait possible de trouver cette dose d’authenticité, de réalité des richesses culturelles, sociales et naturelles en logeant dans des hôtels de qualité et en allant dans des restaurants « normaux ». L’important est de sortir de son hôtel et des destinations touristiques classiques pour avoir un aperçu plus global de la culture du pays et ce en observant les gens, les locaux. Encore mieux en leur parlant. Aux Philippines, il est d’ailleurs facile de discuter avec les habitants vu l’enthousiasme et la gentillesse qu’ils offrent aux visiteurs.

La pause des pêcheurs de General Santos, capitale du thon

Et le « secret » qu’ont compris Rodolphe et Bruno pour partir à la rencontre des populations locales et à la découverte de destinations alternatives réside dans les services d’un guide Philippin accompagnant les touristes tout au long de leur séjour. Celui-ci, fin connaisseur des destinations et de la culture philippine, est un intermédiaire entre les voyageurs et les populations pour échanger avec elles, pour s’adapter à la culture et aux traditions locales et les comprendre au mieux. Un second avantage, primordial pour la réussite d’un voyage, est la capacité à s’adapter, à être flexible en fonction des demandes des clients qui peuvent évoluer au cours du séjour et en fonction de l’inattendu qui arrive toujours. Nous en avons nous même fait les frais dans notre voyage en ayant dû renoncer à rejoindre l’île de Sibuyan, les  « Galapagos des Philippines », un des points d’orgue de notre aventure, du fait des conditions météo. Enfin, le guide permet une grande flexibilité en fonction des opportunités sur place : un évènement local, une fiesta, une activité ou un monument qui intéressent les voyageurs.

Kadayawan Festival à Davao

Les deux guides travaillant pour Philippines Autrement ont toutes deux été formées par les soins de Rodolphe et Bruno afin de coller au mieux à leur concept. . Elles ne travaillaient d’ailleurs pas chez d’autres tours opérateurs auparavant car Rodolphe et Bruno préfèrent un regard frais et ouvert sur le métier, considérant que parfois les guides touristiques professionnels peuvent avoir de mauvaises habitudes. De plus, elles suivent des cours de français à l’alliance française et Rodolphe et Bruno les aident pour les termes plus techniques, pour adapter le langage au contexte touristique.

Enfin, en dehors de l’authenticité, un point d’honneur de Philippine Autrement est le voyage responsable. Responsable, en créant des partenariats avec des fournisseurs de services locaux, des infrastructures, des familles, et donc en participant à une redistribution de la manne touristique au lieu que celle-ci ne soit gardée dans les mains des grandes sociétés ou à l’étranger. Responsable encore, en allant aux dehors des destinations les plus touristiques et ainsi faire profiter le plus grand nombre des revenus du tourisme. Responsable enfin, en payant un prix juste aux prestataires partenaires, leurs guides, les guides locaux, les opérateurs de transport, c’est-à-dire un prix décent, au dessus des minimum pratiqués. Cela afin de diminuer leur contrainte financière, de développer de véritables partenariats durables, et de contribuer à la création d’échanges plus « authentiques », à la création d’une expérience unique.

Exploration d’une grotte à Sagada

Bien entendu, ces prestations d’organisation de voyage à la carte nécessite de mobiliser d’importantes ressources pour chaque dossier et les prix vont avec. Les voyages de Philippines Autrement s’adressent donc à une clientèle aisée.

Bruno et Rodolphe sont en train de mettre en place des séjours avec nuit chez l’habitant. Eux ou leurs guides ont ainsi repéré quelques familles dans différentes villes des Philippines et ont établi des partenariats. Nous pensons que c’est une très bonne idée et cela permettra d’avoir encore plus de proximité avec certains Philippins. Cependant, à terme, avec ces « partenariats exclusifs », un sentiment de jalousie peut sans doute apparaître au sein de petites communautés envers ces familles partenaires. Rodolphe et Bruno nous répondent alors que du fait du faible volume de visiteurs et des petits groupes, ces risques auront peu de chance de se développer. Nous pensons qu’un système de rotation pourrait peut-être alors être créé afin de faire profiter un plus grand nombre de familles au sein des communautés. Cela participerait à un tourisme encore plus responsable, durable.