Fin de l’aventure Sama Sama Découverte aux Philippines. Mais on n’en reste pas là…

Notre aventure de 3 mois aux Philippines à la découverte d’initiatives de tourisme durable se termine ici, et c’est l’heure pour nous de faire un petit bilan. Nous avons été émerveillés par l’engagement, la motivation inébranlable et la capacité à innover de nos interlocuteurs lors des interviews. Il n’y a pas une région, pas une ville, et presque pas un barangay sans qu’on y trouve une personnalité aux idées farfelues pour protéger l’environnement et/ou combattre la pauvreté.

Pêcheur à pied, Sagay, Negros

De la forêt de mangroves à Kalibo aux rizières et grottes de Sagada, en passant par les maisons ancestrales de Silay ou encore la rivière émeraude Bojo, nous espérons que vous avez voyagé avec nous et que vous avez partagé notre enthousiasme (et parfois aussi nos doutes). Ce voyage aura changé notre regard sur les bienfaits de l’implication de la communauté lors de la création d’un circuit touristique et il est très probable qu’à l’avenir, nous rechignerons moins à payer des guides locaux ou des prestations plus chères lorsqu’elles redistribuent équitablement les bénéfices.

Atelier de vannerie, Basey, Samar

En effet, le tourisme durable est quasiment systématiquement plus cher que le tourisme de masse, du fait qu’il rémunère plus de personnes de la communauté et qu’il finance très souvent des initiatives annexes (mesures pour la protection de l’environnement, dons pour des programmes sociaux etc.). Le plus important à nos yeux c’est la transparence de ces coûts et la prise de conscience du grand public aux avantages liés à un tourisme plus respectueux de l’environnement et des populations.

Violaine.

Le tourisme est un puissant outil de développement. Il apporte un espoir pour les populations locales de sortir de la pauvreté, d’améliorer les conditions sociales, parfois environnementales (créations de zones protégées marines et forestières), et de découvrir des personnes venues d’ailleurs. Mais, s’il n’est pas bien planifié et contrôlé, il peut vite se retourner contre la population et l’environnement. On pense alors à Boracay: une petite île paradisiaque transformée en station balnéaire où les hôtels et autres commerces ont envahi les plages, dénaturant cette perle rare, et provoquant un afflux de main d’œuvre – tant mieux, ça crée de l’emploi ! – mais au prix de conditions sanitaires problématiques, d’inondations (les sols déboisés ne pouvant plus retenir l’eau), et d’écoles publiques surchargées (certaines classes en primaire ont jusque 60-70 élèves).

Le fermier et sa chèvre, Kiangan, Ifugao

Le tourisme doit donc être respectueux de la population d’accueil. Il doit dépasser la simple satisfaction du besoin de curiosité du visiteur et prendre en compte le tissu social, culturel et religieux. La compréhension, la consultation, la préparation et la formation des  communautés locales sont alors les enjeux primordiaux pour s’assurer que celles-ci soient prêtes à accueillir au mieux les touristes. Favoriser un développement économique et social, oui. Mais, tout en évitant une trop grande influence des cultures extérieures et une dénaturation des riches différences culturelles locales. Il faut donc laisser le temps au temps et s’adapter aux communautés d’accueil. L’expérience touristique ne sera alors que plus enrichissante et authentique.

Le majestueux Mont Mayon, une des merveilles naturelles des Philippines

Ce voyage de presque trois mois nous aura permis de mieux comprendre les différents risques, enjeux et opportunités du tourisme. Il nous aura permis de découvrir certaines clés pour développer un tourisme désireux de respecter les hommes et l’environnement. Et cela grâce à toutes ces rencontres et interviews avec ces véritables entrepreneurs humanistes. Ils sont membres d’institutions gouvernementales,  d’ONGs, employés ou créateurs d’entreprises. Ils ont partagé avec nous leurs espoirs et leurs craintes et nous ont transmis une partie de leur force. Si toutes ces initiatives continuent à se développer au rythme actuel, et si elles sont bien gérées, il y a grand espoir que les Philippines deviennent une destination majeure d’un tourisme respectueux des hommes et de l’environnement.

Edern.

Sama-sama Découverte ne s’arrête pas ici, nous avons pour projet l’écriture d’un petit livre sur nos rencontres aux Philippines (dont l’édition est en pourparlers avec l’Université des Philippines) et peut-être une autre conférence. Concernant nos projets de création d’entreprise dans le tourisme durable, ces trois mois nous ont donné le temps et la matière nécessaire à la réflexion.  Devant les enjeux professionnels (nécessité d’avoir des fonds propres à investir, corruption omniprésente, pas de partenaire philippin pour le moment) et personnels (vie sentimentale et familiale absents aux Philippines),  nous avons décidé de nous donner plus de temps et accumuler plus d’expérience professionnelle avant d’envisager de nous lancer. Mais nous n’en restons pas moins convaincus des potentiels ENORMES du tourisme durable aux Philippines.

A bientôt de Violaine et Edern. Et n’oubliez pas une chose: « It’s more fun in the Philippines »

Publicités

One response to “Fin de l’aventure Sama Sama Découverte aux Philippines. Mais on n’en reste pas là…”

  1. Charlotte says :

    J’ai déjà été une fois aux Philippines et ce pays est vraiment attachant. Les gens sont sociables et gentils. Je reviendrais bien là-bas.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s