L’environnement: un enjeu commun

Initiative: AGAP Bulusan inc., Sorsogon

« L’union fait la force » pourrait très bien faire figure de slogan pour AGAP Bulusan Inc. Créé en XXXX par le dynamique Philip Bartilet, AGAP regroupe toutes les associations représentant les intérêts des quelque 20,000 habitants de la ville de Bulusan (association des jeunes, des vieux, des professeurs, des religieux, des femmes, des tricycles…) afin de mener une politique commune pour la protection de l’environnement. La dernière bataille du groupement d’associations: une pétition contre l’installation d’une centrale géothermique aux frontières du parc national protégé du volcan Bulusan (encore actif) et des habitations. Environ 70% des votants de la ville ont signé la pétition et le maire a dû prendre position contre le projet, y mettant ainsi un terme (pour le moment du moins).

L’entrée du premier lac du volcan Bulusan

En 2007, AGAP Bulusan a conduit une analyse pour savoir quels étaient les besoins et les points faibles concernant la protection de l’environnement. Les résultats indiquaient un manque d’éducation environnementale et de recherche sur la biodiversité et un taux de pauvreté très élevé qui conduit par ailleurs les habitants à certaines activités illégales (couper des arbres dans la zone protégée du volcan Bulusan par exemple).  Le développement du tourisme est alors apparu (comme dans de nombreux cas que nous avons vu jusqu’ici) comme une solution pour protéger l’environnement tout en créant des emplois. Après une étude pour identifier les sites à fort potentiel pour le tourisme dans la région, AGAP Bulusan (suivi par le gouvernement local)  a décidé de se concentrer sur le volcan, sa grande biodiversité endémique et ses trois lacs. Des formations ont été dispensées aux conducteurs de tricycles sur la réception des touristes, ainsi qu’à des guides pour expliquer la faune et la flore du lieu et avoir des connaissances sur les premiers secours.

Explication sur la typologie du lieu

 Le plus grand atout de Philip Bartilet, outre sa capacité à rassembler, est de savoir comment et où lever des fonds pour ses projets. Il a ainsi obtenu une aide de 49,263 US$ du PNUD, des tentes et kayaks du gouvernement local et régional ainsi que des fonds du Département du Tourisme pour des programmes de formation, avec à chaque fois une contrepartie financière d’AGAP.

Les pédalos à louer

Le premier lac du volcan, d’environ 16 hectares, était autrefois géré par le gouvernement régional qui employait des gens extérieurs à Bulusan pour sa protection et pour les services aux touristes. De ce fait, il y avait de nombreux vols et détériorations des équipements par les habitants de Bulusan, mécontents de ne pas bénéficier de cette manne financière. Aujourd’hui, une association d’écotourisme locale, Wildboars Sport, membre d’AGAP, est en charge du tourisme. Elle a 6 employés permanents (en haute saison elle emploie des personnes à la journée) et propose des locations de kayaks, canoës et pédalos ainsi que des excursions avec un guide et une ascension du volcan en deux jours (avec une nuit en tente au lac près du sommet). Les sportifs qui gravissent le mont Bulusan portent un dossard avec un numéro correspondant au nombre de touristes jusqu’à présent. Ce dispositif a commencé en juin cette année et le dernier visiteur portait le numéro 163 (cela ne prend pas en compte les nombreux touristes qui ne viennent que pour le lac). Il est aussi demandé aux escaladeurs de planter un arbre lors de leur ascension.

La construction de la route

 Une fois par an, AGAP organise une course avec des étapes où les participants doivent relever un défi environnemental (planter un arbre, effectuer une tâche donnée par un agriculteur…), cela permet d’éduquer la population tout en s’amusant. Par ailleurs, le financement du PNUD a permis d’installer des fermes de démonstration d’agriculture biologique dans 5 villages. Philip espère que la promesse du gouverneur actuel de réparer la route qui mène au lac va être tenue, et il souhaite ensuite se lancer dans une action de marketing plus vaste pour promouvoir ses produits touristiques . Il a aussi un projet de tourisme à la ferme, à la découverte des exploitations de « pili » (sorte de noix locale) ou des producteurs de miel,  en visant comme principaux clients, les étudiants.  Il regrette qu’il n’y ait pas un seul tour opérateur à Bulusan mais espère que cela va changer bientôt, devant tous les potentiels qu’offre Bulusan (très proche des îles Biri et ses formations rocheuses, de l’île de Ticao et ses raies Manta, de Donsol et ses requins baleines…).

Une ruche locale

Nous avons été vraiment impressionnés par la vision d’ensemble et toutes les activités soutenues par AGAP Bulusan pour améliorer le quotidien de la population et s’assurer de la protection des ressources naturelles. Comme le dit si bien Philip, par ordre d’importance, il faut se soucier des « 3P » : « People, Planet, Profits » (les gens, la planète, les profits). Une belle leçon ainsi que beaucoup de choses intéressantes à apprendre de ce village et à répliquer ! Amis tours opérateurs, à quand un passage par Bulusan sur vos brochures ?

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