Un atelier de tisserands à la campagne: du tourisme dans les lieux reculés

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Initiative: Sapal Weavers Association- Guimaras

Après l’écotourisme communautaire, voici un exemple de tourisme communautaire rural. La différence ? Le premier promeut principalement des projets portés par la communauté qui visent à faire découvrir et à protéger les ressources naturelles quand le second est plus axé sur la préservation et la transmission de savoir-faire, mais nous sommes d’accord, les deux se recoupent souvent. Qui dit rural dit difficilement accessible. Effectivement, pour venir à Sapal, il faut être motivé ! Il n’y a pas  de route, seulement un chemin en terre,  par conséquent pas de transport en commun. Il faut donc privatiser un tricycle pour l’après-midi.

Pancarte de bienvenue faite par les tisserands

Enfin arrivés dans le petit village de Sapal, perché dans les hauteurs de l’île de Guimaras, nous sommes accueillis par une trentaine de membres de l’Association des Tisserands de Sapal (Sapal Weavers Association).  Créée en 2006, cette association compte 34 femmes et 17 hommes. Son activité principale repose sur un savoir ancestral de tissage à partir des feuilles de Baryos. Différents produits sont confectionnés: tapis, tongs, sacs à main, trousses, pochettes d’ordinateur…

Le tissage

Le groupe nous explique tout le processus de production : du séchage de la feuille à la coloration en passant par le tressage et la couture, tout est détaillé. Il faut un travailleur pendant deux jours pour faire un tapis de taille moyenne (environ 190*120cm)  et le salaire moyen d’un tisserand est de 10 euros par jour (pour vous donner une idée le salaire minimum est d’environ 8,2 euros par jour).

Le baryos

L’association est soutenue par le gouvernement local et national, ainsi que par des organisations canadiennes et japonaises, qui ont fourni le local, les machines à coudre et une aide pour le marketing des produits. Outre la vente des produits de l’artisanat, un groupe de « Community-Based Rural Tourism » (le tourisme communautaire rural) s’est formé afin d’organiser des visites  de l’atelier et des alentours pour les touristes. Le projet en est encore à ses débuts, accueillant pour le moment majoritairement des touristes locaux. Un tour à la journée est en cours d’élaboration, avec une démonstration de danses locales, une visite de l’atelier et de la pratique du tissage, une ballade sur une charrette tirée par un carabao (buffle local), un déjeuner préparé par la communauté et une visite des plantations de Baryos. Il y a aussi la possibilité de dormir chez l’habitant, six  hôtes de la communauté  ayant été formés à recevoir des touristes. Ce projet sert de site-pilote au niveau de la région, et de nombreux villages voisins aimeraient parvenir à monter une activité similaire qui crée des emplois dans la communauté. Le concept est intéressant, mais le marketing semble être dans ce cas une tâche compliquée, car l’offre doit être bien complète et abordable pour inciter  les touristes à s’aventurer dans un lieu si reculé !

Les produits de SWA

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