L’homme qui plantait des arbres.

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Initiative: KASAMA- Kalibo

On nous parle souvent de déforestation, parfois de reforestation, mais aujourd’hui nous vous présentons un concept nouveau : la « forestation ».

En 1989, Allen, alors maire de la ville, voulait transformer les terrains boueux du bord de mer en un projet qui empêche les constructions et qui génère du revenu pour la communauté. C’est alors qu’il décida de planter des mangroves et créa la « Kalibo Save the Mangroves Association » (KASAMA). Depuis, son unique devise est « planter, planter, planter ». Bénéficiant d’un bon réseau auprès du gouvernement grâce à ses hautes études et une famille de politiciens depuis plusieurs générations, il parvient à obtenir le soutien de diverses agences gouvernementales philippines et internationales afin de planter ce qui est aujourd’hui devenu une forêt. Le résultat est très impressionnant : des 250 000 mangroves plantées en 1990, 98% ont survécu et la plantation n’a jamais cessé au cours des années, la forêt couvrant aujourd’hui  environ 200 hectares pour 1,6 million de mangroves de 19 espèces différentes. Mais, nous direz-vous, à quoi cela sert-il ?

De haut en bas, gauche à droite: la mangrove en 1989 à sa plantation, 1 an après, 2 ans après et aujourd’hui.

Tout d’abord, les mangroves permettent d’éviter l’érosion des sols et de minimiser l’impact des typhons et tsunami, constituant une barrière naturelle sur le littoral. Ensuite, c’est un réservoir d’oxygène et de capture de CO2, comme n’importe quelle forêt. Par ailleurs, la biodiversité de la zone a considérablement augmenté, avec notamment de nombreuses espèces d’oiseaux qui ont élu domicile ici, ainsi que des papillons, des serpents… Mais ce qui tient le plus à cœur à Allen, c’est les bénéfices qu’apporte cette forêt à la communauté. Elle permet de générer des revenus grâce à la pêche de crabes, de poissons et de coquillages, que les habitants peuvent venir pêcher gratuitement. De plus, depuis quelques années, la confection de briquettes a été mise en place, générant un « charbon vert » à partir des branches des arbres élagués. Cela crée  des emplois (une vingtaine actuellement) et les habitants ont ainsi accès à une énergie moins chère que le gaz.

Le « bamboo walk »

Pour finir avec ce qui nous intéresse dans notre étude, ce havre de paix permet aux touristes de s’échapper de la ville et de prendre un grand bol d’air frais. Allen a tout de suite souhaité que KASAMA se défasse de toute image politique qu’il pouvait lui amener, et a confié le projet à l’ONG USWAG Development Foundation qui travaille avec la communauté. Les 20 pesos de frais d’entrée qui sont demandés aux visiteurs vont à la construction et à la maintenance du « bamboo walk », une passerelle en bambou de 1 kilomètre qui permet de visiter une partie de la forêt. Le gouvernement continue à financer la plantation d’arbres ainsi que des entreprises et particuliers. A chaque fois, ce sont des habitants des villages aux alentours qui sont employés pour planter. KASAMA recrute aussi des guides, gardes et autres professions qui permettent la conservation du lieu et le bon déroulé des visites des quelques 40 000 touristes chaque année.

Le projet a déjà reçu de nombreuses récompenses (dont une des Nations Unies en 2005) et accueille des environnementalistes et chercheurs du monde entier, curieux de découvrir cette forêt créée de toute pièce par les habitants et sa biodiversité grimpante.

Les longues racines des mangroves

 Allen ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les mangroves permettent de faire émerger de nouvelles terres (car les racines évitent l’érosion du sol) et aujourd’hui il y a 2 kilomètres de terre de plus qu’en 1989. Par ailleurs, Allen préside l’association de management communautaire des forêts de mangroves de sa région, qui compte plus de 158 forêts, et KASAMA sert de modèle. Initialement maire de la ville, puis député pendant 9 ans et actuellement président d’école, Allen nous a prouvé que l’on peut mettre son pouvoir au service de belles initiatives et que si les ressources naturelles manquent, alors pourquoi ne pas les créer ?

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2 responses to “L’homme qui plantait des arbres.”

  1. refu says :

    Ou se trouve ce merveilleux endroit ? Merci

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